Lens : une destination prisée pour la location saisonnière
Lens est peut-être la plus belle histoire de renaissance culturelle de la France contemporaine. Cette ville du Pas-de-Calais de 33 000 habitants, cœur d'un bassin minier qui alimenta pendant trois siècles la révolution industrielle française, a vécu la fermeture de ses puits de charbon dans les années 1980 comme une blessure profonde — avant de renaître en 2012 autour d'un projet aussi improbable qu'ambitieux : accueillir une antenne décentralisée du musée du Louvre sur l'ancien carreau d'une fosse minière. Une décennie plus tard, le pari est gagné au-delà de toutes les espérances — et Lens est devenue l'une des destinations culturelles les plus attachantes et les plus surprenantes du nord de la France.
Le Louvre-Lens est l'événement architectural et muséal qui a tout changé. Inauguré le 4 décembre 2012 — jour de la Sainte-Barbe, fête patronale des mineurs — sur le site réhabilité de l'ancienne fosse n°9 des mines de Lens inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO avec l'ensemble du Bassin minier, il a été conçu par le cabinet d'architecture japonais SANAA — lauréat du Prix Pritzker en 2010. Ses bâtiments de verre et d'aluminium aux reflets changeants selon la lumière du ciel nordiste épousent le paysage avec une discrétion et une élégance remarquables, comme si le musée cherchait à se fondre dans le territoire plutôt qu'à s'en démarquer. La Galerie du temps, pièce maîtresse du musée, présente dans un espace unique de 120 mètres de long et sur une seule ligne chronologique les chefs-d'œuvre des collections du Louvre de l'Antiquité au XIXe siècle — des Vénus préhistoriques aux peintures romantiques, des sculptures grecques aux bronzes médiévaux — dans une accrochage renouvelé régulièrement qui donne à chaque visite une fraîcheur nouvelle. L'accès à la collection permanente est gratuit, ce qui fait du Louvre-Lens l'un des musées d'art les plus accessibles de France. Les grandes expositions temporaires — rétrospectives majeures, thématiques transversales sur les civilisations du monde — drainent chaque année plusieurs centaines de milliers de visiteurs depuis la France entière et l'étranger.
Le parc paysager qui entoure le Louvre-Lens est lui aussi remarquable. Dessiné sur les traces de l'ancienne fosse minière par le paysagiste Catherine Mosbach, il intègre dans ses jardins et ses espaces verts les vestiges et les empreintes du passé industriel — terrasse de schiste, alignements de peupliers, plans d'eau — dans un paysage mémoriel qui prépare au mieux la visite du musée. Ce parc est devenu un lieu de promenade et de sport très apprécié des Lensois, qui l'ont approprié comme un espace de vie quotidienne à l'image de ce que le Louvre a réussi à faire — transformer un site de cicatrice industrielle en lieu de rencontre et de convivialité.
Le patrimoine minier qui entoure Lens est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2012 sous la dénomination Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais — une inscription qui couvre 353 éléments patrimoniaux sur 120 kilomètres de territoire : fosses, chevalements, terrils, corons, gares, édifices religieux. Les terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle, à moins de trois kilomètres du Louvre-Lens, sont les plus spectaculaires et les plus accessibles de ces monuments industriels. Culminant à 186 mètres, ils sont les plus hauts terrils d'Europe — de gigantesques pyramides noires érigées par les hommes au fil de décennies d'extraction charbonnière, aujourd'hui reconquises par la végétation et les randonneurs. L'ascension de leurs flancs par les sentiers aménagés demande 45 minutes d'effort et récompense les marcheurs par un panorama à 360° sur le bassin minier, le Louvre-Lens, le stade Bollaert et par temps clair jusqu'au Mont des Flandres — une vue émotionnellement forte qui met en perspective l'histoire humaine et industrielle du territoire.
La nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette, sur les collines de l'Artois à 10 kilomètres de Lens, est le plus grand cimetière militaire français du monde. Avec ses 45 000 tombes disposées en rangées immaculées sur 13 hectares de pelouse, sa tour-lanterne et sa basilique romano-byzantine dont les voûtes portent les noms gravés de tous les soldats tombés dans le secteur, elle est l'un des sites de mémoire de la Grande Guerre les plus saisissants de France. L'Anneau de la Mémoire, inauguré en 2014 à proximité, est un monument contemporain en forme d'ellipse d'acier portant gravés les 580 000 noms de soldats de 40 nationalités différentes morts dans le Nord-Pas-de-Calais pendant la Première Guerre mondiale — une œuvre sobre et poignante qui abolit les frontières entre les nations dans une égalité devant la mort d'une intensité extraordinaire.
Le stade Bollaert-Delelis est le cœur émotionnel de Lens. Cette enceinte de 38 000 places, l'une des plus atmosphériques de France, accueille les matchs du Racing Club de Lens — club populaire fondé en 1906 dont la ferveur et la fidélité des supporters sont légendaires dans le monde du football français. "Sang et Or" — les couleurs du club, rouge et jaune — habillent la ville les jours de match dans une effervescence collective qui dit beaucoup de l'identité et de l'âme lensoise. Assister à un match de Ligue 1 à Bollaert est une expérience que les amateurs de football placent dans la catégorie des rencontres humaines les plus intenses qu'une enceinte sportive puisse offrir.